Balisage des couloirs de transhumance, et aménagement d’aires de stationnement
Le PRAPS-2 Tchad envisage de réaliser les travaux de balisage de 500 kilomètres de tronçons des couloirs de transhumance, ainsi que l’aménagement de 19 aires de stationnement, dans les provinces du Chari-Baguirmi et du Ouaddaï.
Ouverture de la réunion transfrontalière sur la vaccination du bétail entre le Burkina Faso, le Niger et le Tchad
Le Ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Atteib, a procédé, ce lundi 3 novembre 2025 à N’Djamena, à l’ouverture officielle de la réunion transfrontalière de planification des campagnes de vaccination contre la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB) et la Peste des Petits Ruminants (PPR). Cette rencontre réunit les délégations du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, dans le cadre du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel, phase 2 (PRAPS-2).
Dans son allocution, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), Pr Idriss Oumar Alfarouk, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner durablement les pays membres dans la mise en œuvre du PRAPS-2, notamment à travers les missions contractuelles confiées à l’OMSA par le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS).
Pour sa part, le Dr Savadogo Joseph, coordonnateur technique de la sous-composante 1.2 du PRAPS-2 au Centre régional de santé animale (CRSA), a souligné que cette rencontre constitue une étape déterminante. Elle permettra, selon lui, de dresser le bilan des campagnes de vaccination menées l’année écoulée, de définir un programme harmonisé de vaccination et de mettre en place un cadre pérenne de concertation transfrontalière, dans l’objectif d’améliorer la couverture vaccinale et de renforcer le contrôle des deux maladies animales.
En ouvrant les travaux, le Pr Abderahim Awat Atteib a rappelé que la PPR et la PPCB demeurent parmi les affections les plus dévastatrices pour le cheptel sahélien. Face à cette menace, a-t-il souligné, la coopération transfrontalière s’impose comme un impératif pour une action coordonnée et efficace.
Convaincu des retombées positives de cette rencontre, le ministre a exprimé sa certitude qu’elle aboutira à l’élaboration d’un plan d’action commun, réaliste et harmonisé, pouvant servir de modèle pour la gestion des maladies animales transfrontalières dans la sous-région.
Le ministre a également tenu à rendre hommage aux techniciens vétérinaires, saluant leur dévouement et leur engagement exemplaire, souvent dans des conditions particulièrement difficiles, au service de la santé animale et du bien-être des communautés rurales.
Réaffirmant la disponibilité du gouvernement tchadien à intensifier la coopération avec le Burkina Faso et le Niger, le Pr Awat Atteib a également exprimé le souhait de voir cette dynamique s’étendre à d’autres pays voisins, dans le cadre d’une approche intégrée et durable de la santé animale.
Enfin, il a exprimé sa gratitude à l’OMSA, à la Banque mondiale et au CILSS pour leurs soutiens multiformes, qui contribuent au renforcement du dispositif de surveillance épidémiologique et à une meilleure prévention des maladies animales au sein des États sahéliens.
Lancement conjoint de la campagne de vaccination contre la PPR et la PPCB entre le Tchad et le Niger
Une cérémonie solennelle a marqué, ce mardi, le lancement officiel de la campagne conjointe de vaccination contre la Peste des Petits Ruminants (PPR) et la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB) pour la période 2025–2026. L’événement s’est tenu dans la localité de Sayam, en présence du Colonel Mahaman El-Hadj Ousmane, Ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, et de son homologue tchadien, le Professeur Abderahim Awat Atteib, Ministre de l’Élevage et de la Production animale.
Cette rencontre symbolise à la fois la proximité géographique, les liens historiques et la profondeur de la coopération fraternelle entre les deux pays.
Le Tchad et le Niger, deux nations à forte vocation pastorale, disposent ensemble d’un cheptel estimé à plus de 200 millions de têtes toutes espèces confondues. Ce patrimoine constitue un pilier essentiel de leurs économies respectives, mais demeure vulnérable face à de nombreuses contraintes sanitaires.
« Nos deux pays partagent non seulement des frontières, mais également des ressources pastorales, notamment à travers la transhumance transfrontalière. Cette réalité impose une coopération étroite et continue pour la prévention et le contrôle des maladies animales », a déclaré le ministre tchadien Abderahim Awat Atteib.
Il a souligné qu’« en éradiquant la PPR et en maîtrisant durablement la PPCB, nous renforcerons la productivité du cheptel, dynamiserons le commerce régional du bétail et contribuerons à la sécurité alimentaire dans l’ensemble du Sahel ». Le ministre a conclu en réaffirmant son souhait de voir naître « un espace pastoral prospère, stable et solidaire ».
De son côté, le Colonel Mahaman El-Hadj Ousmane a rappelé que le choix de Sayam pour abriter cette cérémonie n’était pas fortuit. La localité accueille en effet depuis 1974 l’un des principaux Centres Secondaires de Multiplication de Bétail du Niger, créé à la suite de la grande sécheresse afin de préserver la race Kouri, également connue sous les appellations de Bœuf Boudouma, Koubouri, Dongolé, Borrie ou Baré.
Ce bétail sans bosse, au cornage renflé caractéristique, trouve son berceau naturel dans les îles et les zones marécageuses du lac Tchad, symbole vivant du patrimoine pastoral partagé par les deux nations.
L’édition 2025–2026 vise à vacciner gratuitement au moins 80 % des effectifs éligibles, c’est-à-dire les animaux âgés d’un an et plus, contre la PPR et la PPCB. Pendant trois mois, les agents d’élevage se déploieront dans les hameaux, les zones de concentration d’animaux et les points d’eau afin de protéger le maximum de bétail.
« Cette campagne contribuera à renforcer la sécurité sanitaire du cheptel dans l’ensemble du Sahel », a indiqué le ministre nigérien.
Les deux ministres ont, à cette occasion, lancé un appel pressant à l’ensemble des acteurs — autorités administratives et coutumières, associations d’éleveurs, partenaires au développement — afin d’appuyer les équipes de vaccination qui sillonneront les villages, hameaux et campements du Niger comme du Tchad.
Enfin, les deux responsables ont exprimé leur profonde gratitude envers les partenaires techniques et financiers, en particulier le Groupe de la Banque mondiale, pour son appui à travers le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS-2). Ce soutien, ont-ils souligné, « illustre une solidarité agissante et un engagement durable en faveur d’un pastoralisme rénové, inclusif et sans frontières ».
Lancement de la campagne d’enrôlement des pasteurs et agro-pasteurs dans trois provinces
Dans le cadre de la poursuite du partenariat entre le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – phase 2 (PRAPS 2 Tchad) et l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANATS), une vaste opération d’enrôlement des pasteurs et agro-pasteurs est lancée ce jour 23 Octibre 2025 dans la commune d’Ambassatna, précisément dans le village de Doubak, situé dans la province du Batha.
Cette initiative vise la production d’actes d’état civil – notamment des cartes nationales d’identité pour les adultes et des actes de naissance pour les enfants – au bénéfice des communautés pastorales et agro-pastorales.
Les missions d’enrôlement s’étendront sur plusieurs provinces du pays, notamment le Batha, l’Ennedi-Est, l’Ennedi-Ouest et le Borkou. Au total, 6 000 personnes issues de ces zones seront enregistrées et recevront leurs documents officiels.
Une attention particulière sera accordée aux enfants, aux femmes et aux personnes en situation de handicap, afin de garantir leur accès équitable à l’état civil et de renforcer leur citoyenneté légale.
Cette opération marque une étape significative dans les efforts conjoints du PRAPS 2 Tchad et de l’ANATS pour favoriser l’inclusion administrative et améliorer la gouvernance de l’état civil dans les zones pastorales du Tchad.
Lancement de la réunion de bilan de la campagne nationale de vaccination contre la PPR et la PPCB
Lancement de la réunion de bilan de la campagne nationale de vaccination contre la PPR et la PPCB
Le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Attaib, a présidé ce matin la cérémonie d’ouverture de la réunion nationale de bilan de la campagne de vaccination 2024–2025 contre la Peste des Petits Ruminants (PPR) et la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB), couplée à la planification de la campagne 2025–2026.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre a salué les résultats encourageants enregistrés au cours de la campagne écoulée, fruits de la mobilisation conjointe des équipes techniques nationales, du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS-2 Tchad), ainsi que des partenaires institutionnels. « Grâce à ces efforts coordonnés, des avancées notables ont été obtenues », a-t-il déclaré, soulignant au passage la coopération transfrontalière avec le Niger, le Cameroun et la République centrafricaine, qui a permis d’harmoniser les actions de vaccination dans les zones pastorales partagées.
Toutefois, le Pr Awat Attaib a relevé plusieurs défis persistants ayant freiné l’atteinte complète des objectifs fixés. Parmi ceux-ci figurent :
l’insuffisance des moyens logistiques, notamment en matière de transport et de maintien de la chaîne du froid ;
le déficit en personnel vétérinaire qualifié dans certaines zones enclavées ;
ainsi que des ruptures ponctuelles d’approvisionnement en vaccins et consommables.
Ces contraintes, a-t-il précisé, « ne doivent pas être perçues comme des obstacles, mais comme des leviers d’amélioration pour la prochaine campagne ».
Le ministère entend inscrire la campagne 2025–2026 dans une dynamique d’efficacité accrue, de transparence et de participation communautaire renforcée. Les principaux objectifs consistent à :
porter le taux de couverture vaccinale à plus de 80 % pour la PPR et 70 % pour la PPCB ;
intensifier les actions de communication et de mobilisation communautaire, en collaboration avec les leaders pastoraux et les autorités locales ;
et garantir la disponibilité continue des vaccins et consommables vétérinaires, grâce à une planification logistique rigoureuse et à l’appui constant des partenaires.
Le ministre a exhorté les délégués provinciaux, techniciens et partenaires à « faire preuve du même engagement, du même professionnalisme et de la même solidarité institutionnelle » afin de faire de la campagne à venir « une réussite exemplaire ».
Prenant la parole, le coordonnateur national du PRAPS-2 Tchad, M. Yacoub Ibrahim Djouma, a rappelé l’appui considérable apporté par le projet à la campagne de vaccination qui sera lancé dans les jours avenir. Celui-ci comprend notamment la mise à disposition de 22 millions de doses de vaccin contre la PPR et de 6 millions de doses contre la PPCB, assorties de toute la logistique nécessaire au bon déroulement des opérations.
M. Djouma a réaffirmé la disponibilité constante du PRAPS-2 Tchad à accompagner le ministère dans ses efforts d’éradication de la PPR et de contrôle durable de la PPCB, en appui aux services vétérinaires nationaux.
Lutte contre la PPR et la PPCB : une mobilisation nationale pour la santé du bétail tchadien
Le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Atteib, a présidé à N’Djaména l’ouverture de l’atelier national de finalisation et de validation technique des plans stratégiques révisés pour le contrôle et l’éradication de la Peste des Petits Ruminants (PPR) et de la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB).
Prévu du 14 au 16 octobre, cet atelier rassemble les délégués provinciaux de l’Élevage ainsi que les principaux acteurs du secteur pastoral, dans le but d’harmoniser les stratégies nationales de lutte contre ces deux maladies animales transfrontalières, qui menacent la santé du cheptel et fragilisent les moyens de subsistance des éleveurs tchadiens.
Dans son mot introductif, la Directrice générale des services vétérinaires, Dre Singambaye Ghislaine Mbeurnodji, a souligné la place centrale de l’élevage dans l’économie nationale. Selon elle, ce secteur « assure la sécurité alimentaire, génère des emplois et contribue à la réduction de la pauvreté ». Elle a néanmoins alerté sur les ravages de la PPR, une maladie virale hautement contagieuse touchant ovins et caprins, qui freine considérablement le développement du secteur.
Le Coordonnateur national du PRAPS-2 Tchad, Yakhoub Ibrahim Djouma, a pour sa part salué la tenue de ces assises, les qualifiant de « cadre de réflexion et de concertation essentiel » pour construire une réponse coordonnée et durable face aux défis sanitaires auxquels fait face l’élevage tchadien.
le ministre Abderahim Awat Atteib dans son mot d’ouverture officielle des travaux, a rappelé l’importance stratégique du cheptel national, estimé à plus de 156 millions de têtes, dont près de 98 millions de petits ruminants. « Le Tchad est un pays d’élevage par excellence. Cette richesse animale constitue un pilier de notre économie et de notre identité nationale. Toutefois, elle demeure vulnérable face à de nombreuses contraintes, notamment sanitaires », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur l’impact économique majeur de la PPR, qualifiée de menace prioritaire pour la production animale, et a réaffirmé l’engagement du Tchad à éradiquer la maladie d’ici 2030, conformément aux objectifs fixés au niveau international.
Selon lui, cet atelier représente une étape décisive vers la consolidation d’une stratégie nationale cohérente et concertée de lutte contre les maladies animales, en mobilisant à la fois l’expertise nationale et les partenaires techniques autour d’une feuille de route commune.
L’organisation de cette rencontre est rendue possible grâce au Projet régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS-2 Tchad), financé par la Banque mondiale.
Construction et réhabilitation de quarante cinq (45) seuils d’épandages
Le PRAPS-2 Tchad projette la construction et la réhabilitation de quarante cinq (45) Seuils d’épandages dans les provinces du Wadi Fira, de l’Ennedi Est et de l’Ennedi Ouest.
Le PRAPS-2 Tchad équipe des groupements agro-pastoraux pour la campagne 2025-2026
Dans le cadre de la deuxième phase du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS-2), le projet a procédé à la remise de lots de matériels agricoles et de semences à des groupements sélectionnés dans sept provinces du pays. Cette initiative vise à renforcer les capacités de production et de transformation de fourrages en prévision de la campagne agricole 2025-2026.
Les bénéficiaires ont reçu des équipements tels que des hache-paille, des presses pour le compactage des aliments pour bétail, ainsi que des motopompes. En complément, des semences de sorgho fourrager, de niébé fourrager, de dolichos lablab et de cajanus cajan ont été distribuées afin de soutenir la diversification et l’intensification des cultures fourragères.
Des sessions de formation technique ont également été dispensées pour permettre aux bénéficiaires de maîtriser les bonnes pratiques en matière de production agricole. Ces formations ont pour objectif de leur permettre d’optimiser la gestion de leurs cultures sur l’ensemble du cycle de production.
Au total, 46 groupements issus des provinces du Hadjer Lamis, du Chari Baguirmi, du Batha et du Guéra, ainsi que 16 promoteurs individuels des provinces du Kanem, du Lac et du Bahr El-Gazel, ont été dotés en matériels et en intrants agricoles.
« Nous venons de recevoir des équipements et des semences du PRAPS-2 Tchad. Cela nous permettra d’améliorer et d’augmenter notre productivité en culture maraîchère. Nous exprimons toute notre gratitude au PRAPS-2 Tchad ainsi qu’à la Banque mondiale », a déclaré Fatimé Ali, bénéficiaire dans la province du Bahr El-Gazel.
Cette opération s’inscrit dans les efforts continus du PRAPS-2 pour renforcer la résilience des éleveurs et des agro-pasteurs face aux défis climatiques et économiques, en leur offrant des outils concrets pour améliorer leur sécurité alimentaire et leurs revenus.
Au cœur du marché à bétail d’Oyo : un souffle nouveau pour le pastoralisme.
Dans le cadre du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel – Phase 2 (PRAPS-2), le Tchad renforce ses infrastructures pastorales avec la construction de douze nouveaux marchés à bétail, venant s’ajouter aux douze déjà réalisés dans le cadre du PRAPS-1. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique de structuration et de modernisation des circuits de commercialisation du cheptel dans les zones d’intervention du projet.
Une mission d’information et de sensibilisation conduite par le PRAPS-2 Tchad s’est récemment rendue au marché à bétail d’Oya, dans la province du Guéra. Cette intervention visait à échanger avec les différents acteurs autour de thématiques cruciales telles que la vaccination du cheptel ou encore les tracasseries administratives et logistiques rencontrées dans ces lieux de commerce.
Au cœur de ce marché, les femmes s’illustrent par leur résilience et leur rôle actif dans les activités génératrices de revenus. C’est le cas de FATIME ANIGUE, vendeuse de foin en cette période de soudure marquée par une rareté du pâturage. « J’ai ramassé l’herbe au début de la saison sèche et je l’ai soigneusement conservée. Aujourd’hui, je viens la vendre ici au marché pour nourrir ma famille et assurer la scolarité de mes enfants. Je vends le tas à 500 francs CFA », explique-t-elle avec fierté.
De son côté, ALHADJ MAHAMAT ADOUDOU, venu du village de Chawir, à 45 kilomètres de Mongo, est l’un des nombreux acheteurs de foin. « Je suis contraint d’en acheter pour nourrir mon bétail, faute de pâturages suffisants. Cela me permet de les maintenir en bon état et de les revendre à un bon prix », confie-t-il.
Au-delà des échanges commerciaux, des figures clés assurent le bon fonctionnement et la sécurité du marché : les garants. Désignés par leur communauté, ils veillent à la sûreté des vendeurs et à la régularité des transactions. MAHAMAT HASSAN ALKHALI, garant au marché de Mongo, témoigne : « Nos parents viennent vendre leur cheptel, parfois dix ou vingt têtes. Ils nous confient leur argent à la fin de la journée et le récupèrent à leur retour. Certains refusent de déposer leurs fonds en banque et repartent avec plusieurs millions de francs CFA sur eux. »
Outre leur rôle sécuritaire, les garants ont également pour mission de certifier la provenance du bétail. « J’ai dû me rendre jusqu’au Nigeria pour attester que le bétail appartenait bien à un vendeur tchadien faussement accusé », raconte Mahamat.
Malgré l’importance de leur rôle, la rémunération des garants demeure modique. « Nous percevons 200 francs CFA par tête de bétail vendue, conformément à la loi de finances en vigueur. Auparavant, notre rémunération était de 2 500 francs CFA par tête », regrette Mahamat Hassan.
À travers ces témoignages, se dessine un panorama vivant des marchés à bétail, véritables carrefours économiques et sociaux dans les zones rurales tchadiennes. Le renforcement de ces structures par le PRAPS-2 Tchad apparaît ainsi comme un levier stratégique pour la vitalité du secteur pastoral, au service des communautés.
Koudjourou : effervescence au marché hebdomadaire du bétail malgré des défis persistants
À l’aube d’un samedi, la localité de Koudjourou, située dans le département du Batha Ouest et forte de plus de 7 000 habitants, s’éveille dans une atmosphère d’animation singulière. C’est le jour de marché. Depuis les villages environnants, les habitants affluent vers le centre commercial : certains à pied, d’autres à cheval ou à bord de charrettes. Tous convergent vers le marché hebdomadaire, rendez-vous incontournable des échanges commerciaux de la région.
Sur place, le marché grouille d’activité. Acheteurs et vendeurs se croisent entre les animaux. Tandis que certains viennent acquérir une bête pour un besoin ponctuel, d’autres sont des commerçants aguerris, spécialisés dans l’achat en gros destiné aux grandes agglomérations telles que Ndjamena, la capitale.
Le bétail est omniprésent. Abakar Soussal, habitué du marché de Koudjourou depuis bien avant sa construction, se montre satisfait. « Je suis venu avec dix chèvres. J’en ai déjà vendu cinq, il m’en reste autant à écouler », confie-t-il avec enthousiasme.
Certains acheteurs, comme Abderahim Adoum Issa, viennent spécifiquement pour acquérir en masse. Chaque semaine, il se rend à Koudjourou pour acheter une centaine de têtes qu’il transporte ensuite vers Ati, puis Ndjamena. Selon lui, les prix varient selon l’état de l’animal. « Nous nous acquittons des taxes réglementaires fixées à 1 250 F CFA, répartis entre le vendeur (500 F) et l’acheteur (750 F). Une fois cette formalité réglée, les transactions se déroulent sans accroc », précise-t-il.
Cependant, tous ne partagent pas la même perception de l’évolution du marché. Pour Hissien Adoun, vendeur régulier, la fréquentation a baissé ces dernières années. En cause : le manque de pâturages aux alentours. « Les éleveurs sont obligés de parcourir de longues distances pour nourrir leurs troupeaux, ce qui les empêche souvent de revenir ici pour vendre », explique-t-il.
Abdoulaye Mahamat, ancien habitué des lieux, nuance ces propos. Il estime que la baisse de fréquentation s’explique également par la multiplication de marchés similaires dans les villages voisins. « Moi, je continue d’acheter de gros ruminants ici et je les expédie vers l’abattoir de Ndjamena. Une fois les taxes réglées, je n’ai jamais rencontré de difficultés », assure-t-il.
Plus à l’est, dans la province du Ouaddaï, le marché à bétail de Hadjar Ibeit, dans le département de Byéré, se tient chaque dimanche dans une ambiance comparable. Là encore, les scènes de négociation et d’échanges sont familières.
Fatimé Moussa, venue de Biéré, vient d’y acquérir une chèvre. « C’est pour un sacrifice en mémoire de mon défunt père », confie-t-elle. Dans ce cas précis, aucun impôt n’est perçu sur l’achat, conformément aux usages en vigueur.
Pour Zara Hamid, ménagère, la vente d’un animal représente une source de revenus cruciale. « J’ai vendu ma chèvre à 12 000 francs CFA. Cela me permet d’acheter de l’huile, du sucre et d’autres condiments pour ma famille. Cela devrait suffire pour la semaine », explique-t-elle avec soulagement.
Cette dynamique s’est récemment enrichie grâce à une mission de sensibilisation du programme PRAPS-2 Tchad, qui a permis d’échanger avec les différents acteurs – vendeurs, acheteurs, gestionnaires – sur des sujets clés tels que la vaccination du bétail et la lutte contre les tracasseries administratives dans les marchés.
Malgré les difficultés structurelles, les marchés hebdomadaires à bétail demeurent des piliers économiques et sociaux dans ces régions rurales du Tchad, où chaque transaction raconte une histoire de survie, d’espoir et de résilience.